Et si, au lieu de moins manger, vous mangiez moins longtemps ? 

Attention, je ne vous dis pas d’engloutir votre déjeuner en 5 minutes ! Mais plutôt de ne manger qu’au cours d’une plage horaire définie dans la journée. C’est ce que l’on appelle le jeûne intermittent, et des chercheurs de l’université de San Diego en Californie ont testé ses effets sur le développement de cancers du sein. 

Chez les femmes en post-ménopause, les changements hormonaux, le diabète ou l’obésité peuvent être des facteurs de risque de développer un cancer du sein. Or, la manière de s’alimenter pourrait jouer un rôle dans l’apparition des cellules cancéreuses. 

L’étude, menée sur des souris, a permis de mettre en évidence que ce n’était pas la nature de la diète qui freinait l’apparition du cancer, mais le temps où la nourriture était disponible.  

Trois expériences ont été menées : 


  • dans un premier groupe, les souris ont été rendues obèses avec une diète riche en graisses (60 % des apports de nourriture). La moitié d’entre elles pouvait s’alimenter pendant 24 heures, et l’autre moitié pendant seulement 8 heures. Ces souris ont été comparées à d’autres nourries avec une diète pauvre en graisses et disposant de nourriture pendant 24 heures ; 


  • dans un deuxième groupe, les souris rendues obèses sans différence de régime (contrairement au premier groupe), étaient divisées en deux groupes : l’un mangeait pendant 24 heures, l’autre pendant 8 heures ; 


  • enfin les chercheurs ont testé sur le dernier groupe l’influence de l’insulinorésistance dans l’apparition de tumeurs. Les souris étaient divisées en deux groupes : certaines recevaient régulièrement de l’insuline grâce à une pompe en suivant une diète pauvre en graisses, et les autres bénéficiaient d’un système de contrôle du niveau d’insuline en suivant un régime riche en graisses.  


Le résultat de ces différentes observations est formel : ce n’est pas la nature du régime (riche ou pauvre en graisses) qui influence le plus l’apparition de cancer, mais bien le temps passé à s’alimenter sur une journée. Les souris qui ne s’alimentaient que 8 heures, avec un régime riche en graisses et un niveau d’insuline stable, ont montré les meilleurs résultats et ont développé moins de cancers. 

Pour le Pr Das qui a mené l’étude, « Restreindre les heures où l’on mange plutôt que le nombre de calories que l’on ingurgite serait plus efficace sur le long terme pour lutter contre l’obésité, améliorer le métabolisme et prévenir l’apparition de cancers. Cela évite également les frustrations alimentaires liées à la diminution de calories consommées. »  

Il existe différentes formes de jeûne intermittent. Celle testée sur les souris est la méthode du 16/8 (16 heures de jeûne, 8 heures d’alimentation), mais il existe d’autres formes comme le 19/5 (19 heures de jeûne, 5 heures d’alimentation), le jeûne intermittent 1 jour sur 2, la méthode 5 : 2 (manger normalement 5 jours et intercaler 2 jours non consécutifs de réduction calorique), ou encore le « one meal a day » (s’alimenter avec un seul repas par jour). 

Bien entendu, ces méthodes ne conviennent pas à tout le monde. N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin ou votre praticien naturopathe pour savoir laquelle vous convient le mieux, et évitez ces pratiques si : 


  • vous prenez des médicaments hypoglycémiants ; 


  • vous êtes enceinte, vous allaitez ou encore vous souhaitez concevoir un enfant ; 


  • vous souffrez de stress chronique, confirmé par un taux de cortisol élevé ;


  • vous avez des antécédents de troubles du comportement alimentaire comme l’anorexie ou la boulimie. 


Vous pouvez également vous documenter grâce au livre Le guide complet du jeûne de Jason Fung (éditions Thierry Souccar, 2018) qu’Alternatif Bien-Être avait recensé pour vous dans le numéro 136. 

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