La pratique du jeûne n’est pas nouvelle. Ses vertus sont connues depuis la nuit des temps. Le jeûne et la restriction alimentaire font partie intégrante des préceptes de vie chez quasiment tous les peuples de l’Antiquité. Ils prêtaient au jeûne des vertus sacrées, ainsi que des bénéfices sur la santé. 

LE JEÛNE CHEZ LES ÉGYPTIENS : INITIATIQUE ET SACRÉ

Les prêtres de l’Egypte antique avaient adopté un régime végétalien (ni viande, ni oeufs, ni lait) pour se prémunir contre le vice. Ils se contentaient de riz, de légumes et d’un peu
d’huile. Avant les grandes cérémonies dédiées à la déesse Isis, les futurs initiés devaient jeûner 10 jours pour « ouvrir leur esprit »

 

LE JEÛNE DANS LES CIVILISATIONS GRÉCO-ROMAINES : SCIENTIFIQUE ET CURATIF

Numa Pompilis (env.715 à 673 avant JC), deuxième roi de Rome, après Romulus, jeûnait avant chaque sacrifice, en plus des jeûnes observés en l’honneur de Jupiter. Les philosophes Sénèque (1 à 65 après JC) et Cicéron (106 à 43 avant JC) pratiquaient régulièrement le jeûne, ayant observé qu’il leur permettait d’accroître leurs performances intellectuelles. Quant à Socrate et Platon, le trouvant souverain pour un bon équilibre
physique et mental, ils pratiquaient un jeûne annuel d’une dizaine de jours. Pythagore, célèbre mathématicien, jeûna quarante jours avant de passer un examen d’entrée à l’Université d’Alexandrie. Par la suite, il exigea la même chose de ses élèves avant de les accepter !

ET HIPPOCRATE DANS TOUT ÇA ?

Hippocrate(460 à 375 ans avant JC), considéré traditionnellement comme le père de la médecine et de la naturopathie, utilisait le jeûne à des fins thérapeutique. Il affirmait, sans doute en réaction aux comportements alimentaires (déjà !) excessifs de l’époque, qu’ « il faut être mesuré en tout, respirer de l’air pur, faire tous les jours des soins de la peau et de l’exercice physique et soigner ses petits maux par le jeûne plutôt qu’en recourant aux médicaments. »

S’il préconisait que « ton aliment soit ton seul médicament », à ses yeux  seul le jeûne avait des « pouvoirs miraculeux de guérison ».

600 ans plus tard , le “Primum non Nocere” d’Hippocrate a certainement inspiré Galien(129- 216 après JC) autre célèbre médecin. En effet celui-ci écrivait que “le meilleur médecin, c’est la nature car elle guérit les trois quarts de toutes les maladies. Quand on est tombé malade, il faut changer de manière de vivre. Il est clair que celle qu’on suivait est mauvaise en tout, ou en grande partie, ou en quelque chose”.  Une règle que l’on peut facilement s’approprier aujourd’hui encore !

Il prescrivait lui aussi le jeûne, afin de maintenir l’équilibre entre les humeurs et le corps.

Phéniciens, Assyriens, Perses, Crétois, gymnosophistes (les précurseurs des actuels  sâdhus indiens) pratiquaient également le jeûne – et le végétalisme- à des fins sacrées.

FINALEMENT

De nombreux grands philosophes, penseurs, et médecins de l’Antiquité utilisaient et préconisaient le jeûne.Après avoir été dénoncées puis oubliées, ces traditions millénaires retrouvent peu à peu leur place dans nos vies modernes, dans une perspective spirituelle (Carême, Ramadan, Kippour…)ou tout simplement pour rester en bonne santé.