Notre corps est aujourd’hui habitué à être nourri de manière régulière. Pourtant, ça n’a pas toujours été le cas. Il y a plusieurs milliers d’années, les chasseurs-ceuilleurs vivaient souvent des périodes de privations lorsqu’ils ne trouvaient pas de nourriture. Le corps humain s’est donc adapté, et a développé une capacité à stocker les aliments indispensables à sa survie. Le jeûne est ainsi en quelque sorte inscrit dans nos gènes.

Un repos bénéfique du système digestif

Nos organes digestifs sont énormément sollicités au quotidien. Ils sont souvent malmenés par une alimentation déséquilibrée ou trop riche. Notre flore instestinale est par ailleurs en contact permanent avec les substances toxiques que l’on ingurgite avec notre alimentation. Notre organisme a ainsi tendance à s’alourdir et à s’encrasser, et il est donc sain de le lui laisser un peu de répit. Mettre votre système digestif au repos permet d’économiser une part de l’énergie qui aurait servi à son fonctionnement. Le jeûne va permettre au foie et à l’estomac de se régénérer, et à la flore intestinale de se rééquilibrer. Le système digestif va également pouvoir éliminer les toxines que l’on accumule au quotidien.

Afin d’aider notre organisme dans ce « nettoyage », il est indispensable de bien boire pour aider l’élimination des déchets, car cela va demander un travail important des reins et du foie. L’élimination des toxines peut se traduire par un regain de vitalité et de lucidité, et par une amélioration de la qualité de la peau qui sécrète alors moins de sébum. Après 2 ou 3 jours de jeûne, une sensation de sérénité apparaît également.

Des effets positifs sur la santé

Des chercheurs ont démontré les vertus du jeûne sur de nombreuses maladies chroniques : hypertension, asthme, allergies cutanées, troubles digestifs, diabète ou encore obésité. Il a par ailleurs été prouvé récemment que le jeûne permettait aux cellules souches sanguines de se renouveler, et donc au système immunitaire de se régénérer.

Au niveau cérébral, le jeûne semble protéger les neurones des troubles dégénératifs, notamment des maladies d’Alzheimer et de Parkinson, voire du vieillissement d’une manière générale. La pratique du jeûne permet aussi de mieux s’adapter au stress.

Comment pratiquer le jeûne ?

Il existe différents types de jeûne intermittent, durant lesquels sont autorisés l’eau, les infusions, le thé et éventuellement le café même s’il est recommandé de s’en passer.

  • Le jeûne de 16h par jour

Le principe est assez simple, et nous l’avons déjà tous fait sans le savoir : il s’agit de jeûner 16h par jour, en incluant la durée de sommeil. Vous pouvez ainsi sauter le dîner ou bien le petit-déjeuner, puis reprendre une alimentation normale durant les 8h suivantes. Le chercheur Mark Mattson a ainsi montré que sauter chaque jour le petit-déjeuner exercerait un stress quotidien sur le cerveau et stimulerait la production des protéines responsables de la croissance et de la survie de neurones en développement. Il remet ainsi en question le programme des 3 repas quotidiens auxquels nous sommes habitués, et l’idée selon laquelle le petit-déjeuner serait le repas le plus important de la journée.

  • Le jeûne de 24h

Une fois le petit-déjeuner terminé, il faut attendre le lendemain pour reprendre un nouveau petit-déjeuner. Ce type de jeûne est pratiqué par certaines personnes une fois par semaine, mais peut aussi être pratiqué de manière occasionnelle afin de mettre le système digestif au repos.

  • Le jeûne 1 jour sur 2

Selon plusieurs études, ce jeûne serait la méthode la plus efficace pour la longévité. Certains résultats observés chez les souris montrent une augmentation de la durée de vie de 20%. Son application sur le long terme n’est toutefois pas aisée et nécessite une hygiène alimentaire stricte. Une solution alternative est de limiter l’apport calorique à 500 kcal par jour les jours de jeûnes, plutôt que de jeûner totalement.

  • Le jeûne thérapeutique de 1 à 3 semaines

Ce jeûne qui s’étend sur une durée plus longue doit être réalisé avec l’accompagnement et le contrôle de professionnels. Il est généralement réalisé pour des raisons thérapeutiques, notamment dans le cadre de traitement du cancer ou de pathologies inflammatoires chroniques. Des stages proposent également des jeûnes d’une certaine durée pour tous, mais il est nécessaire de bien se renseigner sur les professionnels encadrants et de bien prendre en compte toutes les précautions nécessaires.

  • Le jeûne quand on veut / quand on peut

C’est le jeûne le plus intuitif, qui consiste à écouter son corps, et à jeûner en fonction des sensations. Contrairement aux idées reçues, il n’est pas grave de sauter un repas lorsque notre corps n’en ressent pas le besoin.

Témoignage de Lara, qui a testé le jeûne de 10 jours

 « J’ai suivi un jeûne un an après la fin de ma chimiothérapie, suite à la prescription par mon médecin-naturopathe, dans l’objectif d’éliminer les restes chimiques de mon corps. »

« Je me suis beaucoup préparée psychologiquement, en me renseignant énormément sur ces pratiques, et physiquement en effectuant une descente alimentaire les 10 jours précédent la période de jeûne. J’ai ainsi éliminé progressivement de mon alimentation les produits animaux, puis les farines, puis les fruits et légumes. »

« J’ai effectué les 4 premiers jours de mon jeûne dans le cadre d’un stage de groupe avec une naturopathe. J’ai toujours ressenti la faim plusieurs fois par jours, mais je l’ai bien vécu car je me nourrissais d’autre chose, via les activités de groupe. On faisait de la marche, du yoga, ou d’autres thérapies naturelles. »

« Après le stage, j’ai poursuivi seule pendant 6 jours. Un des moments les plus intéressants du jeûne s’est produit à partir du 6ème jour. J’ai commencé à avoir une perception beaucoup plus lucide de la réalité, à voir les choses avec un plus grand angle de vue. J’étais davantage connectée à moi-même et aussi aux autres. »

« Les 2-3 premiers jours du jeûne ont été les plus durs en terme d’énergie. Mais ça s’est ensuite stabilisé car mon corps a compris que je changeais de rythme. J’ai continué à travailler après le stage. »

« Après le jeûne, j’ai suivi une phase de remontée alimentaire de 10 jours, afin de réintroduire progressivement les aliments. C’était une expérience très enrichissante d’un point de vue physiologique et psychologique, et j’aimerais réitérer l’expérience prochainement. »

En savoir plus : https://yuka.io/jeuner-est-il-bon-pour-la-sante/