Si votre médecin vous recommande une angioplastie – une technique pour élargir les artères rétrécies ou obstruées – vous devrez y réfléchir à deux fois. De toute façon, prenez un ou plusieurs contre-avis médicaux, c’est-à-dire consultez d’autres cardiologues, si possible n’ayant aucun lien avec le premier.

Votre médecin vous dira en effet probablement que l’angioplastie est une opération de routine, réalisée des centaines de fois par jour… Certes, mais ce sont des centaines de fois en trop.

Je vais vous expliquer pourquoi dans un instant. Mais d’abord, revenons sur le principe de l’angioplastie.

Lorsqu’un caillot se forme dans votre sang et arrive dans une artère, cela peut bloquer votre circulation sanguine. Vous risquez alors de faire un infarctus, un AVC ou d’avoir des douleurs dans les jambes qui ne sont plus irriguées. Suivant l’endroit où l’accident se produit, vous risquez une amputation, un handicap ou même la mort. Les cas les plus graves se produisent quand le caillot bloque les artères coronaires qui irriguent le cœur (infarctus), ou quand le caillot arrive dans le cerveau (Accident Vasculaire Cérébral, ou AVC) [1].

Ces risques sont aggravés si vos artères sont déjà obstruées. En effet, certaines personnes ont des plaques qui se forment le long de leurs artères, réduisant le diamètre du flux sanguin. On les appelle « plaques athéromateuses ». Vos artères deviennent plus rigides, et on dit que vous souffrez d’athérosclérose.

A noter que pendant trente ans environ, de 1965 à 1995, les scientifiques ont cru que l’athérosclérose était causée par le cholestérol en excès dans le sang. On sait aujourd’hui que c’est faux et que le cholestérol n’est qu’un indicateur de l’état de santé de vos artères. Pourtant, la plupart des médecins continuent sur leur lancée et donnent des médicaments chimiques (statines) à leurs patients pour prétendument réduire leur risque cardiaque, en cas de taux élevé de cholestérol dans le sang. En fait, ces médicaments ne marchent pas. Ils ne réduisent pas le risque cardiaque, ni le risque de décès. Je vous indiquerai des lectures à ce propos à la fin de cette lettre si ce sujet vous concerne.

Pour réduire le risque qu’un caillot bouche une artère déjà encombrée, un médecin américain, Charles Dotter, mit au point en 1964 « l’angioplastie », une opération pour élargir l’artère là où elle est rétrécie.

Imaginez un ballon en forme de saucisse

Pour élargir vos artères donc, le cardiologue vous insère dans l’aine une sonde – ou cathéter – sur laquelle se trouve un minuscule ballon dégonflé en forme de saucisse. Ce cathéter remontera jusque dans vos artères, aux endroits des rétrécissements. Le ballonnet sera alors gonflé de manière à élargir l’artère obstruée et écraser la plaque d’athérome qui gêne le passage du sang.

Une fois dégonflé, le ballonnet permettra au sang de circuler plus facilement.

L’angioplastie n’est pas anodine

Cela paraît simple, mais l’angioplastie est en réalité une opération qui comporte de multiples risques.

Risque N°1: Lorsque le ballonnet est gonflé dans votre artère, votre circulation est coupée et vous risquez à cet instant un arrêt cardiaque ou un AVC.

Risque N°2: Votre artère coronaire peut se déchirer ou être malencontreusement disséquée pendant l’intervention. Ceci peut nécessiter un pontage coronarien en urgence.

Risque N°3: Sur le passage du cathéter dans votre cœur, des plaques d’athérome peuvent soudainement se détacher, obstruer l’artère et provoquer un AVC.

Risque N°4: Durant l’opération, votre cœur peut aussi bien s’emballer que battre trop lentement. C’est un problème passager la plupart du temps, mais si cela persiste, on vous installera un pacemaker temporaire ou alors on vous prescrira des médicaments.

Risque N°5: Lors de l’intervention, une teinture contrastante est utilisée pour mieux identifier le vaisseau sanguin rétréci [2]. Cette teinture peut abîmer vos reins, et d’autant plus si vous avez des problèmes rénaux par ailleurs. On vous prescrira sans doute des médicaments – encore ! – pour protéger vos reins. La teinture peut aussi provoquer une réaction allergique [3].

Risque N°6: Juste après l’opération, vous risquez de saigner aux endroits où le cathéter est passé. Cela peut être bénin, mais sachez qu’en cas de forte hémorragie, vous devrez recourir à une transfusion de sang ou des opérations chirurgicales [4].

On vous dira que moins d’une personne sur 100 meurt des complications d’une angioplastie, et que les complications non mortelles se produisent dans 5 % des cas. C’est beaucoup trop quand on sait qu’existent des alternatives naturelles efficaces et sans le moindre risque !

Et ce n’est même pas le plus grave.

Efficacité non garantie

L’angioplastie ne traite absolument pas la cause sous-jacente du rétrécissement de vos artères, qui est la formation de plaques d’athérome.

C’est pourquoi dans 40 % des angioplasties ainsi pratiquées, l’artère se rebouche après l’opération – on appelle ça la resténose. Vous avez gagné le droit de retourner sur le billard.

La parade du chirurgien-plombier

Devant les piètres résultats de l’angioplastie, les cardiologues ont eu l’idée de poser un rouleau de métal de 1 à 3 cm de long dans l’artère pour l’obliger à conserver son élargissement – c’est ce qu’on appelle un stent.

Ce rouleau est fait de mailles comme un grillage, ce qui permet d’adapter son diamètre à la taille de l’artère. On glisse ce rouleau en position étroite autour du ballon dégonflé en forme de saucisse pour le faire entrer dans le corps sur le cathéter. Puis, à l’endroit du rétrécissement, on gonfle le ballonnet à l’intérieur du rouleau, ce qui fait que le rouleau s’élargit. En dégonflant et en retirant le ballonnet, le rouleau reste en place dans l’artère pour toute votre vie.

Quelles améliorations ?

Durant les mois qui suivent la pose de ces stents, vous risquez à tout moment qu’un caillot de sang vienne boucher le tube, empêchant la circulation du sang dans votre artère (thrombose). Ceci peut provoquer une rupture de l’artère coronarienne, nécessitant un pontage en urgence. Cela peut également provoquer un arrêt cardiaque [4, 5].

Résultat : non seulement l’angioplastie simple n’empêche pas la formation de caillots, mais l’angioplastie avec pose de stents augmente fortement le risque de mort à cause d’un caillot ! C’est exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire !!

Pour empêcher la formation de caillots, votre médecin vous prescrira de l’aspirine et des anti-coagulants pendant des mois et peut-être même pour le restant de votre vie.

La pose d’un stent permet de faire baisser le taux de resténose (rebouchage de l’artère) de 40 % à 20 %, ce qui est plutôt décevant [5].

Alors les chercheurs ont mis au point un stent enrobé de médicaments. Des substances chimiques sont libérées petit à petit dans l’artère pour empêcher la plaque d’athérome de se reformer [3].

Ces stents dits « actifs » permettent de faire baisser le taux de resténose (rebouchage de l’artère) de 20 % à 10 % par rapport aux stents dits « nus » [4].

Cependant, certaines études ont mis en évidence un risque de mortalité à 3 ans plus élevé avec les stents « actifs » par rapport aux stents « nus » [6].

Oui, mais s’ils le font, c’est qu’il y a bien une raison, non ?

Malgré ces risques énormes qui sont courus par les patients, vous lisez partout dans la presse, et tous les scientifiques vous le répètent, que la cardiologie a fait des progrès incroyables, que les nouvelles opérations font des miracles, etc.

Ces mythes s’effondrent dès que vous creusez un peu. Mais s’ils sont si présents dans les médias, les facultés, les hôpitaux, c’est d’abord parce que… ces nouvelles méthodes sont une vache-à-lait tout à fait prodigieuse pour le système médical et les sociétés qui sont derrière.

Les stents sont avant tout mis en avant parce qu’ils diminuent les douleurs ressenties par les patients en cas de rétrécissement artériel, mais ils n’ont aucun effet démontré sur votre réel état de santé et donc sur vos risques de mourir. L’utilité des stents est si peu validée par la science qu’elle est l’objet régulier d’articles critiques publiés dans des revues scientifiques et médicales.

Avant de vous faire opérer, vous devez avoir à l’esprit que donner votre accord, c’est aussi accorder le jackpot à toutes les personnes « bien intentionnées » qui souhaitent vous opérer. Considérez ces chiffres :

– Le prix d’un stent de bonne qualité varie entre 1 000 euros « nu » et 3 000 euros s’il est « actif » [7]. Alors qu’il s’agit d’une maille d’acier inoxydable ou d’alliage de un à trois centimètres de long [8].

Pour une angioplastie avec pose de stents, l’hôpital délestera la caisse d’Assurance maladie d’une somme pouvant aller, selon les pays, jusqu’à 35 000 euros [9].

Cardiologues qui opèrent sans raison : un coût estimé à plusieurs milliards d’euros

Le scandale est en train d’éclater aux Etats-Unis. Un réseau de cardiologues américains est actuellement accusé d’avoir abusé des milliers de patients en les opérant du cœur alors qu’ils auraient pu s’en passer. Cela s’est passé dans une clinique de la société HCA, numéro un du secteur aux Etats-Unis [10].

Les enquêteurs ont découvert que plus de 40 % de ces angioplasties n’auraient pas dû être pratiquées.

Leur seul et unique objectif était de financer les villas, les piscines, les voitures décapotables et les voyages des chirurgiens.

Et ce n’est pas un cas isolé : un autre scandale a éclaté dans un hôpital où les cardiologues pratiquaient 4 fois plus d’angioplasties que la moyenne nationale [11].

Une équipe de chercheurs à estimé que ces chirurgies abusives coûtent entre 4 et 6 milliards d’euros par an au système de santé américain [5].

Des centaines de patients ont été terrorisés sans raison par des médecins qui leur ont raconté qu’ils couraient un risque gigantesque s’ils ne se faisaient pas opérer.

Le phénomène est potentiellement encore plus grand en Europe, où les patients ne paient pas directement eux-mêmes leurs soins, ce qui rend encore plus facile de les convaincre de subir ces opérations. Le scandale pourrait bien éclater très prochainement, à une échelle qui reléguera l’affaire du Médiator au rang des faits divers sans importance.

Des victimes dociles

Une enquête a révélé que près de 9 patients sur 10 étaient convaincus qu’une angioplastie réduirait leur risque d’arrêt cardiaque. Environ 75 % des patients étaient persuadés qu’ils auraient eu un arrêt cardiaque dans les cinq ans s’ils n’avaient pas recouru à une angioplastie [12].

Et c’est bien normal : l’angioplastie est perçue comme une chirurgie qui s’occupe d’un problème mécanique, comme s’il s’agissait de points de suture, alors qu’il s’agit en fait d’un rafistolage, comme on masquerait une plaie sans l’empêcher de se surinfecter.

Que répondent les cardiologues ?

Un certain nombre de cardiologues honnêtes posent des stents car ils sont persuadés d’augmenter la survie de leur patient. Ce sont les laboratoires qui les persuadent de cet état de fait en présentant chaque année de nouveaux stents, théoriquement plus efficaces que les précédents, mais qui n’ont pas encore pu être testés et dont l’inefficacité n’a pas encore pu être prouvée.

Mais dans la majorité des cas (plus de 60 % d’entre-eux), les cardiologues reconnaissent qu’ils pratiquent l’angioplastie pour soulager des symptômes. Rien de plus. Autrement dit, ils savent qu’ils ne réduisent nullement le risque d’arrêt cardiaque ou de décès.

Ce qui signifie une chose : leurs patients n’ont manifestement pas compris, ou n’ont pas été informés de manière honnête, transparente et objective, des bénéfices et risques de l’opération.

Plus incroyable encore… A la question de savoir s’ils pratiqueraient l’angioplastie quand bien même elle n’apporterait AUCUN bénéfice… plus de 40 % des cardiologues américains ont répondu oui [12] !

Comment pourraient-ils se justifier de décisions aussi graves et irresponsables ? Ils mettent votre santé en danger en vous faisant subir une opération risquée qui n’est probablement pas nécessaire.

La seule certitude sur les angioplasties, c’est que ce sont des opérations juteuses… pour le système médical. Cela serait acceptable si les angioplasties étaient des opérations nécessaires, ou même efficaces pour prévenir les arrêts cardiaques. Mais ce n’est pas le cas.

Quelles alternatives à l’angioplastie ?

Une équipe de cardiologues allemands a montré que l’exercice physique est plus efficace que l’angioplastie pour réduire le risque cardio-vasculaire [13]. En cas d’artères obstruées ou rétrécies, seules des modifications profondes du mode de vie peuvent être efficaces pour diminuer le risque de mourir : arrêter de fumer, adopter une alimentation de type méditerranéen (poissons, fruits et légumes, huile d’olive, un peu de céréales complètes et peu de laitages) et bien sûr faire du sport.

Pour des conseils de qualité, je vous recommande vivement l’ouvrage du Dr Michel de Lorgeril, Prévenir l’infarctus et l’AVC. Je vous invite à relire également l’article de Jean-Marc Dupuis sur l’inefficacité des médicaments contre les maladies cardiaques : lien ici. Ainsi que son article qui traitait précisément des statines : lien ici.

Comment reconnaître un bon cardiologue ?

Si votre médecin vous explique que vous devez subir une angioplastie, ne vous laissez pas impressionner par son discours.

Demandez-lui combien d’angioplasties il a pratiquées durant l’année. Si le chiffre est élevé, trouvez-vous un autre médecin. Pour vous donner une idée, un cardiologue expérimenté et raisonnable pratique entre 50 et 150 opérations par an [14].

En tout cas, demandez un deuxième diagnostic. Et même un troisième, jusqu’à ce que vous trouviez un cardiologue qui ne pratique pas l’angioplastie aussi souvent qu’il tape les balles de golf.

Assurez-vous qu’il pense à votre santé plus qu’à son porte-monnaie.

Eric Muller

Découvrez en plus ici : https://www.santenatureinnovation.com/a-lire-absolument-avant-une-angioplastie/#SCmFCaeKUdZwzEwl.99

 

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