Nous avons une dette…

La durée optimale du sommeil, selon un consensus récent de l’Américain Academy of Sleep Medicine, a été défini à plus de 8 heures pour les adolescents et à plus de 7 heures par jour pour les adultes. En raison de la demande croissante de l’école, du travail et surtout des loisirs, parallèlement à l’utilisation nocturne répandue d’Internet et des appareils électroniques, il existe un phénomène mondial selon lequel la population actuelle est en dette de sommeil.

Une relation évidente entre le manque de sommeil et la prise de poids

De manière alarmante et de plus en plus abondante, une littérature (7) a établi qu’un manque ou une mauvaise qualité du sommeil a été indépendamment associée à une augmentation du poids, et à un contrôle glycémique moins bon, en augmentant le risque de maladies chroniques comme le diabète. Un temps de sommeil inférieur à 7 h 00 augmente de 55 % le risque d’être obèse pour un adulte (par rapport à une norme de sept heures de sommeil en moyenne) et de 89 % pour un enfant (8). Une durée du sommeil plus courte ou d’une mauvaise qualité semblent prédire le risque d’obésité et le taux de prise de poids de manière longitudinale (8).

Prévalence de l’obésité et de l’obésité abdominale en fonction de la durée du sommeil. Il y a une augmentation linéaire de la prévalence de l’obésité et de l’obésité abdominale à mesure que le nombre moyen d’heures de sommeil nocturne diminue. D’après Loredo JS and Col.

Une relation poids / sommeil quasi-universelle

Le schéma ci-dessus montre que la diminution de temps de sommeil est une cause indépendante et très importante de prise de poids dans une relation linéaire et quasi universelle. Ces dernières décennies, le temps moyen de sommeil a diminué d’environ 2 heures ; cela explique en partie la pandémie contemporaine d’obésités. Cette tendance a été étudiée sous toutes les latitudes dans tous les groupes éthiques (schéma ci-dessous) et a été confirmée dans toutes ces études.

Évolution de l’obésité en fonction de la durée du sommeil chez les Australiens d’origine indo-européenne et chez les Australiens indigènes. D’après Deacon-Crouch M, Begg S, Skinner T.
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Un dérèglement du sommeil aux multiples conséquences…

L’Homo sapiens préfère vivre dans un « environnement thermo-neutre » pour conserver le plus confortablement son corps autour De nombreux mécanismes pourraient relier ce manque de sommeil à la prise de poids. Il semblerait que la perte de quelques heures de sommeil, outre un éveil de mauvaise qualité, augmente les sensations de faim, d’appétit et, ce qui est une évidence, mais peu mentionné, l’augmentation possible du temps d’alimentation (schéma ci-dessous : la ghréline est l’hormone qui provoque la sensation de faim et la leptine est impliquée dans le sentiment de satiété).

Évaluation des sensations de faim, d’appétit et du rapport ghréline/leptine pendant les conditions de sommeil long (10 heures) et de sommeil court (4 heures) chez un seul sujet représentatif.

Au-delà de ces sensations très importantes qui expliquent en grande partie l’augmentation des quantités alimentaires du fait d’un nombre plus important de repas et de collations, il est indispensable de comprendre finement ce qui se passe dans l’organisme au niveau biologique, biochimique et hormonale dans les situations de sommeil court (schéma ci-dessous). Ce schéma explique directement la relation entre la baisse du temps de sommeil et la prise de poids.

Schéma des voies menant de la perte de sommeil au risque de diabète et d’obésité. D’après Kristen L. Knutsona and Eve Van Cauterb.

Une qualité de sommeil à ne surtout pas négliger !

Devant une population pour moitié en surpoids, dans un contexte de diminution de temps et de qualité du sommeil, il est impensable de se limiter à un traitement qui ne serait axé que sur le versant alimentaire ou physique.

L’énumération de ces causes de prise de poids reste fastidieuse, mais infiniment précieuse pour orienter l’approche diagnostique des patients qui nous font confiance en venant chez nous (Jeûne & Santé). Elle confirme notre projet thérapeutique multidisciplinaire.

Donnons-nous rendez-vous pour la suite des explications dans le prochain dossier !

Docteur Philippe Guérin

Le Docteur Philippe Guérin encadre les séjours dans notre institut Jeûne & Santé dans le respect des règles sanitaires

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    Références

    (1) Hebert JR, Allison DB, Archer E, Lavie CJ, Blair SN. Scientific decision making, policy decisions, and the obesity pandemic. Mayo Clin Proc. 2013;88(6):593-604

    (2) The Obesities. An Overview of Convergent and Divergent Paradigms. Sylvia R. Karasu, MDAm J Lifestyle Med. 2016 Mar-Apr; 10(2): 84–96.

    (3) Obesity : novel and unusual predisposing factors. Hanson P, Weickert MO, Barber TM.Ther Adv Endocrinol Metab. 2020 May 19;11

    (4) The effect of exercise on non-exercise physical activity and sedentary behavior in adults. Melanson EL. Obes Rev 2017; 18(Suppl. 1): 40–49.

    (5) Guérir par la marche. Dr Éric Griez. Ed. Eyrolles

    (6) La tyrannie du bien-être. Benoit Heilbrun. Ed. Robert Laffont 2019

    (7) The epidemiology of sleep and obesity. Ogilvie RP, Patel SR.Sleep Health. 2017 Oct;3(5):383-388. doi: 10.1016/j.sleh.2017.

    (8) Associations between sleep loss and increased risk of obesity and diabetes. Kristen L. Knutsona and Eve Van Cauterb. Ann N Y Acad Sci. 2008; 1129: 287–304.

    (9) Is sleep duration associated with overweight/obesity in Indigenous Australian adults? Deacon-Crouch M, Begg S, Skinner T.BMC Public Health. 2020 Aug 12;20(1):1229.

    (10) Sleep Patterns and Obesity: Hispanic Community Health Study/Study of Latinos Sueno Ancillar Study. Loredo JS, Weng J, Ramos AR, Sotres-Alvarez D, Simonelli G, Talavera GA, Patel SR.Chest. 2019 Aug;156(2):348-356.

    (11) Le manque de sommeil favorise-t-il l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires ? Does sleep loss foster obesity, diabetes and cardiovascular disease? V.Viot-Blanc. Médecine du Sommeil Volume 7, Issue 1, January–March 2010, Pages 15-22