Une pratique naturelle depuis la nuit des temps

Avant d’en venir aux aspects culturels du jeûne qui jalonnent l’histoire de l’humanité, nous souhaitons remonter encore plus loin dans l’histoire de l’évolution de la vie pour vous montrer qu’avant d’être une pratique culturelle, le jeûne est une pratique naturelle.

Les milieux dans lesquels la vie s’est développée n’offrent pas des conditions toujours favorables aux organismes, aussi les êtres vivants ont la capacité de survivre dans les périodes où la nourriture devient rare.

Peu de prédateurs mangent tous les jours et la plupart partent à la chasse après plusieurs jours de jeûne. Si ils étaient affaiblis par ce jeûne, ils seraient incapables d’être performants et de capturer de nouvelles proies. Mais ce n’est pas le cas, et leur instinct de chasseur les pousse à repartir à la chasse quand leur métabolisme en a besoin.

Dans la nature, il y a une saison particulièrement hostile à certains organismes et en particulier aux mammifères : l’hiver. C’est pendant cette saison que de nombreux mammifères jeûnent durant plusieurs mois: Ils hibernent, comme la marmotte ou l’ours.

De nombreux animaux migrateurs ont également le jeûne programmé dans leur instinct, que cela soit pour parcourir de longues distances comme les oiseaux migrateurs, ou pour se reproduire comme les anguilles ou les saumons. On notera que dans ce cas, la période de jeûne n’est plus synonyme d’inactivité, mais au contraire d’une activité intense qui mobilise l’animal au point qu’il n’a plus de temps à consacrer à sa nourriture.

On observe donc que dans la nature a développé un stratégie d’adaptation qui permet aux organismes de stocker des réserves d’énergie dans les tissus adipeux et de restituer cette énergie en fonction des efforts à fournir

Et l’homme dans tout ça ?

Quel est le rapport avec les hibernants ou les animaux migrateurs ? L’homme a aussi connu dans son histoire des périodes pendant lesquelles il n’a pas toujours mangé à sa faim. Il en résulte que la sélection naturelle qui opère depuis des centaines de milliers d’années sur les hominidés a favorisé les individus capables de constituer des réserves de graisse et de les mobiliser en l’absence de nourriture extérieure. Le Dr. Fahrner, un des pionniers du jeûne thérapeutique, écrit : “Le corps humain est mieux équipé pour gérer le manque que l’abondance”. Pour preuve, depuis la production et la consommation de masse, notre alimentation ne souffre plus de manque mais au contraire de surabondance, et on observe le développement de nouvelles maladies dites de civilisation : diabète, cancer, hypertension, dérèglement du cholestérol…

La solution serait donc de manger moins, de manger mieux et d’accorder à son corps des pauses alimentaires, afin que notre système digestif se consacre à un de ses grands rôles : la restauration de notre corps.

Gardons également à l’esprit que c’est en observant la nature et en s’en inspirant que de nombreuses civilisations antiques (traditions chamaniques, Chinois, Grecs, Egyptiens, Phéniciens, Assyriens…) et les suivantes instaurent le jeûne dans leur culture.