De nombreuses pathologies dites de civilisation ont un lien direct avec notre environnement et notre mode de vie. L’alimentation tout particulièrement est un facteur essentiel de notre santé.

Les vertus  thérapeutiques  du jeûne sont encore sujettes  à caution du fait des difficultés méthodologiques rencontrées pour la pratique de tests scientifiques.

Cependant, les études sur ses mécanismes  physiologiques, complexes, sont abondantes : plus de 90 000 publications  scientifiques depuis 1922.

Le jeûne dont il est question ici est celui qui s’intègre dans une démarche d’hygiène de vie, et qui est ainsi résumé par le Dr Otto Buchinger : « Jeûner, c’est s’abstenir d’aliments solides sur une durée déterminée, afin de laisser le corps se régénérer en se nourrissant de l’intérieur ».

Ne plus recevoir de nourriture est un stress physiologique qui va provoquer un ensemble de réactions d’adaptation. C’est ce que l’on appelle le phénomène d’hormèse.  L’organisme active des mécanismes de défense biologique et dégrade ses propres déchets moléculaires. Les tissus excédentaires, les structures protéiques usées ou endommagées qui encombrent les cellules ou les espaces intercellulaires sont dégradés.

De nombreux effets du jeûne ont étés mis en évidence, tels que :

  • Diminution de la glycémie et du taux d’insuline
  • Elévation des  taux de cortisol, de glucagon, d’hormone de croissance, de la sérotonine, des endorphines, des corps cétoniques.
  • régulation du taux de cholestérol, diminution du taux de triglycérides.
  • Libération de zinc
  • Elimination du sodium et de  l’eau extra-tissulaire
  • Epuration de la flore intestinale
  • Action anti-oxydante des corps cétoniques avec en particulier une protection du cœur et du cerveau contre les effets délétères des  radicaux libres. (Dr Georg CAHILL et Dr Richard VEECH, Institut National de la Santé, Maryland

C’est ainsi que l’on peut observer de multiples  répercussions positives du jeûne sur la santé, bien au-delà de la perte de poids, parmi lesquelles :

  • Action anti-inflammatoire et antalgique.
  •  amélioration de la sensibilité à l’insuline.
  • Cicatrisation, réparation des tissus endommagés. (effet de « rajeunissement !)
  •  normalisation de la tension artérielle.
  • Normalisation du bilan lipidique.
  •  régression des oedèmes.
  • Amélioration des circulations sanguines et lymphatiques.
  • Amélioration de l’humeur, hausse de la vigilance et de la clarté d’esprit.
  • Amélioration de l’immunité : meilleure résistance face aux pathologies hivernales, diminution des allergies.
  • Meilleure résistance au stress oxydatif

Le jeûne constitue un rééquilibrage global de l’organisme, conduisant à une amélioration du terrain

Lors de la reprise alimentaire, toutes les synthèses protéiques sont dynamisées, en particulier au niveau des muqueuses digestives et au niveau immunitaire. On digère mieux et on se défend mieux contre les infections. La vitalité est accrue.

De nombreux pratiquants du jeûne de bien-être voient leur santé s’améliorer.

Sous réserve bien évidemment de mettre en place de nouvelles habitudes en matière d’alimentation et d’hygiène de vie. !

Et rappelons que, si le jeûne est étudié pour ses effets thérapeutiques, jeûner est avant tout naturel ! (Nous sommes tous jeûneurs…la nuit !)

«Le jeûne n’est pas une mesure thérapeutique. Partout on a tendance à interpréter les processus normaux et naturels de la vie en termes médicaux…… Le jeûne ne guérit rien. Il serait plus juste de dire que le jeûne est un processus biologique, qu’il est souvent une partie intégrante du processus curatif, mais il ne guérit pas plus que la respiration ou l’exercice. Le jeûne est une période de repos physiologique, une période d’activité très réduite, durant laquelle le corps peut faire ce qu’il ne peut pas faire en période d’activité et de réplétion »  H.SHELTON.

 « Le jeûne est un outil parmi d’autres, qui peut venir en complément de l’exercice physique et d’une alimentation équilibrée » Pr. Luigi Fontana (médecine et nutrition).

Jeûne et cancer : travaux de Valter LONGO (USA)

Les cellules saines sont programmées par l’évolution pour faire face au jeûne : elles savent utiliser les corps cétoniques comme carburant. De plus elles se « verrouillent » : elles se protègent des agents extérieurs comme les drogues de chimiothérapie.

Les cellules cancéreuses ne disposent pas de ce programme de survie : elles sont dépendantes du glucose et ne savent pas utiliser les corps cétoniques. Le jeûne les fragilise et les rend vulnérables, notamment à la chimiothérapie

L’intérêt d’une restriction calorique lors des traitements anticancéreux est en cours d’étude.

Jeûne et longévité : les effets antivieillissement du jeûne sont eux aussi à l’étude

Michelle Harvie (diététique, Manchester) étudie le régime 5/2 : alternance d’une alimentation normale 5 jours par semaine, restriction 2 autres jours non consécutifs.

Valter Longo étudie les effets d’une restriction alimentaire 5 jours consécutifs par mois.

D’autres encore étudient la simple prolongation du jeûne nocturne : même quantité de nourriture ingérée sur la journée mais sur une période de temps plus restreinte.